Loth

Publié le 30 Novembre 2014

Loth

.

Comme Loth sur le chemin de son devenir
que le matin blafard encourage. Avancer
sans rien retenir, sans inquiétude pour ceux
qui nous suivent, même si la curiosité
doit les figer dans la plaine où ne restera
de la ville que les cendres et l’odeur du soufre.
L’amnésie est la condition de la survie
seul le présent est notre compagnon de route
bientôt nous rejoignent ceux qui croisent
le même destin alors que pleure le cœur
encore lié à l’ancien. Le monde bouge
méprise nos attachements et la conscience
tente de se reconstruire sur les fragments
d’âme dont nous ne soupçonnions plus l’existence.

.

Ceux que nous aimions hier seront à nos côtés demain
s’ils parviennent à se dépouiller des parures des saisons
passées. La fidélité se façonne autour d’une pensée vive
plus subtile que la sève qui réveille les végétaux
et monte, printanière. La vie pulse et rien n’arrête
son concert. Nous faisons notre lit dans la paille, pourtant
l’herbe tendre tend vers nous ses pousses.

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Séparation. Celui qui souffre met sa conscience
hors de son être, il la dépose en terre autre
- dans le champ voisin où il n’est plus le bienvenu –
Il reste seul suspendu dans le vide, les racines
tournées vers le ciel. Il ne respecte plus sa nature.

.

L’arbre est tout entier présence à son élan de vie
dans une immobilité qui le grandit en hauteur et en envergure.
L’homme doit découvrir son pouvoir hors de toute possession.
dans la mobilité et par la souplesse de ses attachements.
Son envergure se devinera au travers de ses gestes,
se lira dans ses actions
________________________et ses rêves deviendront réalité.

.

Carmen P.

Rédigé par Carmen Atonati

Publié dans #poésie

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Jonas D. 14/01/2015 23:30

Quand la vie nous a traversé et que nous empilons les automnes, alors même que derrière nous l'été n'est que souvenir photographique, il est temps, avant que l'hiver ne nous prenne et qu'il ne soit trop tard pour rêver, de prétendre sourire encore.
Jonas

Carmen Atonati 25/01/2015 20:07

Ne jamais perdre le sourire, le donner encore et encore à la vie qui ne manque pas de venir... même si les années passent.
Le grand âge est une expérience de vie qu'il faudrait vivre avec dignité. (j'entoure beaucoup de mon temps et de mon affection mes parents et mes beaux-parents). Ils sourient et rêvent avec moi. Carmen

Nathanaël 12/01/2015 17:07

De biens jolis mots, pétris de dure vérité. La meilleure faculté de la mémoire n'est ce pas l'oubli ?
Je profite de mon passage par ici en ce début d'année troublé pour formuler à ton intention des voeux de paix pour 2015, pour toi et notre pays.
Bonjour Carmen.

Carmen Atonati 25/01/2015 20:01

Il y a certainement l'oubli salutaire qui reste conscience vive sans liens douloureux, et l'oubli qui est abandon (la pathologie parfois empêche une pire souffrance)

Bonne année à toi aussi Nathanaël. Si notre Pays souffre, si la Terre souffre, nous en sommes affectés... les poètes le disent mais ne sont pas entendus !

J'ai eu un problème avec mon ordi. Je viens de rattraper mon retard et de publier les poèmes écrits depuis. Amitiés. Carmen

Cardamone 14/12/2014 20:52

Une pensée vive subtile, oui, une présence à l'élan de vie, j'aime cette expression - un élan de vie qui peut-être doit prendre soin de racines qui lui sont aussi nécessaires?

Carmen Atonati 25/01/2015 19:54

Parfois, je ne sais pas pourquoi le besoin d'écrire sur un sujet particulier s'empare de moi. Loth en a fait les frais !
Mais plus qu'au personnage biblique je pensais à l'homme qui doit aller de l'avant dans sa vie. (je suis convaincue aussi de l'importance d'entretenir ses racines). Merci d'être passée, Cardamone.

jamadrou 11/12/2014 09:14

Bonjour Carmen
Ton texte me parle; tu dis si bien ce que mon écorce me raconte!

"L’arbre est tout entier présence à son élan de vie
dans une immobilité qui le grandit en hauteur et en envergure."
Je viens de déposer ta phrase sous un de mes dessins en mettant ton nom bien sûr ainsi qu'un lien pour venir chez toi lire ton texte dans son intégralité.
En cliquant sur mon prénom tu arriveras directement sur ma page.
Si tu ne souhaites pas que je laisse tes propres traces sous mon dessin, j'efface!
belle journée Carmen

Carmen Atonati 13/12/2014 22:51

Pas de problème, jamadrou. Les mots sont faits pour vivre, pourquoi nous viendraient-ils autrement ? Une photographe de Bretagne aime placer quelques vers de mes poèmes à côté des photos qu'elle expose. Merci pour ton passage dans cet espace.

Martine Maillard 10/12/2014 18:08

Une question, Carmen ... j'avais tenté une reconversion sur eklablog à cause de mon passage à la version kiwi d'overblog ; mais tu y es toi apparemment ? Et dans ce cas, comment fais-tu pour centrer l'image au-dessus du texte ? A moins que ce ne soit une image reconvertie d'un autre site ? Car si je veux héberger une image maintenant, je suis obligée d'ouvrir un pavé "image", et dans ce cas on ne peut ni choisir sa taille, ni la centrer, rien...

Martine Maillard 10/12/2014 19:05

Coucou Carmen ; je te réponds en une fois. Bon, je suis la même personne que "aloysia" que tu viens de visiter sur "Instants Secrets", et Instants secrets était une tentative pour transporter ailleurs mon blog "l'espace d'un instant" , j'ai dit que je l'avais mis en lien, c'est avec mon nom qu'il est lien, tu y vas en cliquant sur mon nom. Sur over-blog je me plais toujours mais les publications sont devenues complètement automatisées et ce n'est pas sympathique. Ici tu es sur OB et je vois que ta photo de Loth est bien centrée c'est pourquoi je ne posais la questions.
Pour les "sites amis" j'ai trouvé une méthode : tu ajoutes un module de "texte libre" dans "Gérer-Thème-Configurer" et tu mets tes liens entièrement manuellement : tu verras, c'est ce que j'ai fait. Il faut d'ailleurs que je te rajoute... Bisous.

Carmen Atonati 10/12/2014 18:41

Je suis allée voir, c'est effectivement centré mais je crois bien que cela se fait automatiquement, alors que sur over-blog on me demande comment je souhaite publier la photo.

Carmen Atonati 10/12/2014 18:31

Je suis sur apln-blog et je crois bien que contrairement à ici je ne peux centrer mes photos. Je vais aller voir.

Martine Maillard 10/12/2014 18:05

Un très beau texte, une belle méditation sur ce qui se sclérose et bloque l'avancée de l'âme.
(en lien, mon autre blog)

Carmen Atonati 10/12/2014 18:29

Je ne vois pas le lien Martine. Pour te rejoindre, comme je ne peux mettre plus de 7 liens amis je clique à chaque fois sur ton nom. Sinon, c'est rudement compliqué d'aller chercher les liens des personnes quI ne passent pas souvent. Je ne sais si en prenant une formule plus avancée d'over-blog je pourrai rajouter des liens amis. Il me faudra y songer.

clara65 05/12/2014 06:46

"L'amnésie est la condition de la survie", je trouve cette phrase vraiment juste.
Heureusement que l'homme avance sans oublier le passé mais sans se retourner. Il a une grande force d'adaptation.
Très beau texte, vraiment.
Amicalement.

Carmen Atonati 10/12/2014 18:25

Je croyais avoir répondu Clara. J'ai dû oublier de valider !
Je disais qu'une certaine forme d'amnésie est seule capable de tenir paisibles nos états émotionnels. Pas oublier dans l'indifférence, oublier en sachant que cela a existé et envoyer à ce passé des pensées d'amour. Merci d'être venue me lire, clara.