Mon ours

Publié le 12 Novembre 2014

Mon ours

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Il était assez petit, assez poli pour mener une vie de château,

il est subitement devenu trop grand, trop laid, bien trop élimé pour qu’on l’impose, à la vue de tous, dans un espace à vivre resserré, mon ours en peluche.

Est-ce lui cet être primitif amené avec diligence, comme un grand malade ou comme une précieuse momie retrouvée ?

Je ne voulais pas le voir, ce revenant.

Cachée derrière une toile, la bête m’a pourtant repérée, c’est vers moi qu’elle est venue. L’animal n’avait rien de hideux à son réveil, contrairement à ce que je redoutais, il retrouvait visage humain. Il ne se révéla pas mal intentionné, ni brutal. Une force, pareille à la puissance de la nature, irradiait de sa présence. Il inspirait la crainte à toute la foule rassemblée, mais sa sauvagerie s’évanouit dans mon regard où elle se métamorphosa en invite hypnotique :

« Ne reste pas recluse. Viens ! »

Et je suis partie, mes pieds sur les pattes de l’ours. La route, sous notre passage, retirait les obstacles.

Carmen P.

(illustration Susan Seddon Boulet)

Rédigé par Carmen Atonati

Publié dans #poésie

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Carole 19/12/2014 00:16

C'est qu'il grandit avec nos rêves, et même avec nos cauchemars, le petit ours...

Carmen Atonati 25/01/2015 20:15

Oui. Comme la tortue il est un animal puissant dans nos mémoires.:)

Martine Maillard 13/11/2014 10:21

Un texte superbe ! A lire et à relire... Merveilleux, Carmen...

Carmen Atonati 25/01/2015 20:12

Merci Martine;